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mercredi 30 mars 2016

Obama refuse de rencontrer Erdogan

Le president turc vient de se voir refuser une rencontre avec son homologue américain Barack Obama.
C'est le président turc en personne qui a formulé la proposition d'une telle rencontre, à la veille de son déplacement officiel aux Etats-Unis.
Le service de presse de la Maison-Blanche explique très simplement le refus du chef d'Etat américain, indiquant que ce dernier ne jugeait pas cette rencontre nécessaire. D'ailleurs, l'administration a souligné que, pour le moment, Obama n'avait pas de calendrier précis quant à d'éventuels pourparlers, ce que n'exclut aucunement Erdogan, écrit l’agence de presse russe Sputnik.
Recep Tayyip Erdogan envisageait de rejoindre le président américain à la cérémonie d'ouverture d'une mosquée dans l'Etat du Maryland. La construction de la mosquée en question a été financée par Ankara.
«La décision de ne pas rencontrer Erdogan lors de sa visite à Washington ne doit pas être considérée comme un mépris à son égard, car le président américain l'a précédemment rencontré en novembre 2015 lors du sommet du G20, en Turquie, et les hommes politiques ont eu une conversation téléphonique en février», a indiqué la Maison-Blanche citée par le Wall Street Journal.
D’après ce quotidien, le chef d'Etat turc devrait s'attendre à un accueil plutôt froid aux USA, ce que le New York Times lie à la répression de l'opposition kurde en Turquie.
Recep Tayyip Erdogan s'est vu refuser la rencontre malgré le fait que, lors de son déplacement aux Etats-Unis, Obama avait trouvé le moyen de le saluer personnellement.
Le président turc, qui est soupçonné d’avoir aidé des organisations extrémistes en Syrie, est accusé d’avoir exercé une pression sur l’Europe, utilisant la détresse des migrants. Tayyip Erdogan a promis aux dirigeants européens de retenir les migrants en contrepartie de 6 milliards d’euros et d’autres conditions, dont la perspective d’adhésion de la Turquie à l’Europe. La répression de la presse par Erdogan éloigne cette perspective.
Le président turc a emprisonné des journalistes qui ont apporté la «preuve» de l’aide militaire qu’il accorde à des organisations extrémistes en Syrie. Une grande partie de la société civile turque est victime d’Erdogan qui ne semble pas apprécier la contradiction.
De nombreux médias occidentaux ont crié à la «surenchère». Les attentats qui ont ciblé la Turquie ont joué en défaveur de ce pays. Certains pays occidentaux ont appelé leurs ressortissants à ne pas aller en Turquie. Israël a annoncé hier relever son niveau d'alerte à l'attention de ses ressortissants en ce qui concerne la Turquie et a recommandé aux Israéliens se trouvant dans ce pays de le quitter «le plus rapidement possible».

dimanche 28 février 2016

Des coups de téléphone indiquent que l’armée turque coopère avec «Daech»

Une autre preuve des liens entre les militaires turcs et les miliciens de «Daech» opérant à la frontière turco-syrienne a été révélée. Le journal Cumhuriyet a diffusé lundi de nouvelles transcriptions téléphoniques des conversations entre des soldats turcs et Mustafa Demir, un membre de «Daech» qui a un rôle considérable à frontière entre la Syrie et la Turquie.

«Les transcriptions et les documents de l’enquête ont révélé que Demir a reçu de l’argent... de contrebandiers à la frontière et coopéré avec des officiers dans le cas des passages [de la frontière]», a indiqué Cumhuriyet.

La première transcription présente Demir en train de parler avec un militaire turc.

-[…] Où t’es, grand frère ? Là où je t’ai dit ?

- Oui, on t’a aussi vu, tes hommes…

- C’est possible pour vous d’organiser une rencontre pour que je parle au commandant ici, concernant le business ? On pourrait peut-être se mettre en contact ici, comme nous vous avons aidé...

- Bien [...] Je vais demander maintenant. J’ai deux postes militaires ici. Si on en arrive au pire, je le dirai au commandant de la station et il jettera un coup d’œil.

Dans une autre transcription, Demir a apparemment un entretien avec un autre officier turc qui lui dit être, avec ses camarades, «dans le champ de mines» et l’appelle à le rejoindre immédiatement.

«On en a, viens ici, de ce côté, les hommes sont ici», indique la transcription.
«Ok grand frère, j’arrive. C’est cet endroit où j’ai donné une voiture au lieutenant Burak ?», a répondu Demir.
Il a été rapporté que Mustafa Demir a des liens étroits avec le leader du groupe terroriste Ilhami Bali, considéré comme le responsable des attentats suicides qui ont frappé la capitale turque Ankara en octobre dernier, faisant plus de 100 morts.

Ce n’est pas la première affaire de coopération entre l’armée turque et les miliciens de «Daech» révélée par le quotidien Cumhuriyet. En mai, il avait dévoilé que le convoi turc apparemment touché par une frappe aérienne au nord-ouest de la Syrie transportait des armes pour des organisations terroristes.

En novembre, le rédacteur en chef du journal, Can Dündar et le chef des bureaux d’Ankara, Erdem Gül ont été arrêtés et sont aujourd’hui à la prison de Silivri, en attente de leur procès. Les procureurs turcs demandent une peine d’emprisonnement à vie pour les deux journalistes.

mardi 16 février 2016

Les turcs et les Al-Saouds tiennent à avoir la tête de Bachar el-Assad

Le président syrien Bachar el-Assad n’écarte pas l’éventualité d’une intervention de la Turquie et de l’Arabie saoudite sur le sol syrien, se déclarant déterminé à poursuivre la lutte contre le terrorisme et à reprendre le contrôle de tout le pays.Le risque d’intervention militaire de la Turquie et de l’Arabie saoudite sur le territoire syrien n’est pas à exclure, estime le président du pays Bachar el-Assad.« C’est une possibilité que je ne peux pas exclure pour la simple raison que le président turc Recep Tayyip ndlr Erdogan est quelqu’un d’intolérant, de radical, un pro-Frères musulmans et qui vit le rêve ottoman », a indiqué M.Assad dans une interview accordée en exclusivité à l’AFP jeudi dans son bureau à Damas.Et d’ajouter qu’il en était de même pour l’Arabie saoudite.« De toute manière une telle action ne sera pas facile à réaliser et nous allons très certainement y faire face », a prévenu le président syrien.M.Assad s’est dit déterminé à reprendre le contrôle de toute la Syrie, mais a reconnu que les combats contre les rebelles qui cherchent depuis près de cinq ans à le renverser pourraient être « longs ».Prêt à négocierLe Président a également affirmé vouloir mener des négociations avec l’opposition tout en poursuivant la guerre contre la rébellion armée.Le président a détaillé sa stratégie et expliqué en quoi consiste sa récente offensive au nord du pays et notamment à Alep : aidé de la Russie, l’objectif est de couper la route entre cette province et la Turquie – et non pas de prendre la deuxième ville du pays, qui est divisée entre secteurs tenus par les rebelles et quartiers contrôlés par Damas.L’importance de couper cette route tient au fait qu’elle constitue la voie principale de ravitaillement des terroristes, a-t-il dit, en référence aux rebelles soutenus par la Turquie, l’Arabie saoudite et le Qatar.A signaler que le ministre saoudien des affaires étrangères Adel Al-Joubeïr a déclaré , ce vendredi soir 12 février à Munich en Allemagne en marge d’une réunion sur la sécurité , que « le plus important maintenant c’est de déloger Assad de la présidence » et d’ajouter « que nous allons le faire »Al-Joubeïr prétend que « Bachar el-Assad a facilité la naissance de Daech » et que « sa chute éliminera le milieu fertile dans lequel Daech prospère »Lire aussi : Le royaume Saoudien déterminé à lancer une opération terrestre en Syrieet« Assad devait quitter le pouvoir, sans quoi il serait chassé par la force » martèle Adel al-Jubeir