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mercredi 20 janvier 2016

Tunisie : Assassinat de Chokri Belaid : Disparition de la voiture utilisée

La voiture Fiat Siena ayant servi à l’assassinat de l’opposant Chokri Belaid a disparu après avoir été saisie par les forces de l’ordre, rapporte Mosaique fm.
Toujours selon la même source, cette voiture qui était en possession de Ahmed Rouissi tué en Libye au mois de mars 2015, a été utilisée par les accusés principaux Kamel Gadhgadhi, Yasser Mouelhi et Mohamed Ali Dammak dans la surveillance et l’assasinat du martyr Chokri Belaid.
Elle avait été retrouvée par la police dans le quartier d’Elouardia.

dimanche 17 janvier 2016

Article - Libye, le plan de la conquête, par Manlio Dinucci

Les dirigeants occidentaux nous avaient assurés que leur opération militaire contre la Jamahiriya arabe libyenne n’avait pas pour objectif de mettre la main sur les réserves de pétrole du pays et de le partitionner en trois, mais de protéger la population civile de la menace que le dictateur faisait planer sur elle. 120 000 morts plus tard, ils lancent la seconde phase de l’opération. Cette fois, il s’agira de protéger la population civile de Daesh, en réalité de prendre position sur les champs pétrolifères.


Après avoir fait sodomiser à la baïonnette Mouamar el-Kadhafi, la secrétaire d’Etat US Hillary Clinton déclare en riant à CBS : « Nous sommes allés, nous avons vus, il est mort ! ». 
« L’année 2016 s’annonce très compliquée au niveau international, avec des tensions diffuses y compris chez nous. L’Italie est là et fera sa part, avec le professionnalisme de ses femmes et de ses hommes et avec l’engagement des alliés » : ainsi Matteo Renzi a-t-il communiqué aux inscrits du Parti démocratique la prochaine guerre à laquelle participera l’Italie, celle contre la Libye, cinq ans après la première.

Le plan est en acte : des forces spéciales SAS —rapporte le Daily Mirror [1]— sont déjà en Libye pour préparer l’arrivée d’environ 1 000 soldats britanniques. L’opération —« en accord avec les États-Unis, le Royaume-uni, la France et l’Italie »— impliquera 6 000 soldats et Marines états-uniens et européens avec l’objectif de « bloquer environ 5 000 extrémistes islamistes, qui se sont emparés d’une douzaine des plus grands champs pétrolifères et, depuis le repère de Daesh à Syrte, se préparent à avancer jusqu’à la raffinerie de Marsa el-Brega, la plus grande d’Afrique du Nord ». La gestion du champ de bataille, sur lequel les SAS sont en train d’instruire des « commandants militaires libyens » non mieux identifiés, prévoit l’emploi de « troupes, chars d’assaut, avions et navires de guerre ». Pour bombarder en Libye le Royaume-uni envoie des avions supplémentaires à Chypre, où sont déjà basés 10 Tornado et 6 Typhoon pour les attaques en Syrie et en Irak, tandis qu’un contre-torpilleur se dirige vers la Libye. Sont aussi déjà en Libye —confirme Difesa Online— certains groupes de Navy Seal états-uniens.

L’ensemble de l’opération sera formellement « sous conduite italienne ». En ce sens que l’Italie endossera la charge la plus lourde et la plus coûteuse, en mettant à disposition des bases et des forces pour la nouvelle guerre en Libye. Ce qui ne lui donnera pas le commandement effectif de l’opération. Qui sera en réalité exercé par les seuls États-Unis à travers leur propre chaîne de commandement et celle de l’Otan, toujours sous commandement états-unien.

Un rôle clé sera tenu par le U.S. Africa Command, le Commandement Afrique des États-Unis : celui-ci vient à peine d’annoncer, le 8 janvier 2016, le « plan quinquennal » d’une campagne militaire pour « affronter les menaces croissantes provenant du continent africain ». Parmi ses principaux objectifs, « concentrer les efforts sur l’État failli de Libye, contenant l’instabilité dans le pays ». Ce fut l’AfriCom, en 2011, qui dirigea la première phase de la guerre, ensuite pris en charge par l’Otan toujours sous commandement états-unien, qui avec des forces infiltrées et 10 000 attaques aériennes démolit la Libye en la transformant en un « État failli ».

À présent l’AfriCom est prêt à intervenir de nouveau pour « contenir l’instabilité dans le pays », et l’est aussi l’Otan qui, a déclaré son secrétaire général Jens Stoltenberg, « est prête à intervenir en Libye ». Et de nouveau l’Italie sera la principale base de lancement de l’opération. Deux des commandements subordonnés de l’AfriCom se trouvent en Italie : à Vicence celui du U.S. Army Africa (Armée de terre des États-Unis pour l’Afrique), à Naples celui des U.S. Naval Forces Africa (Forces navales US pour l’Afrique). Ce dernier est aux ordres d’un amiral états-unien, qui est aussi à la tête des Forces navales US en Europe, du JFC Naples (Commandement de l’Otan avec quartier général à Lago Patria) et, tous les deux ans, de la Force de riposte de l’Otan.

L’amiral est lui-même aux ordres du Suprême commandeur allié en Europe, un général états-unien nommé par le président, qui est en même temps à la tête du Commandement européen des États-Unis (EuCom).

C’est dans ce cadre que se déroulera la « conduite italienne » de la nouvelle guerre en Libye, dont le but réel est l’occupation des zones côtières économiquement et stratégiquement les plus importantes. Guerre qui, comme en 2011, sera présentée comme une « opération de maintien de la paix et humanitaire ».

Manlio Dinucci
Traduction 
Marie-Ange Patrizio (Réseau Voltaire)
Source 
Il Manifesto (Italie)

Tunis-Mohamed Talbi : Bourguiba n’était pas un musulman, un potentat !

Le penseur Mohamed Talbi, guère à court de sorties fracassantes, vient d’en signer une qui a vite fait des vagues. Pour lui, Le Leader Bourguiba était un potentat, un tyran est un dictateur, expliquant que le premier président de la Tunisie indépendante se voyait le meilleur d’entre tous auxquels il demandait de sacrifier, si nécessaire, leur sang pour lui.

Evoquant son dernier livre « la cause de la vérité » sur Alhiwar ettounsi tv, il a affirmé que Bourguiba avait, dans un de ses discours, tourné en dérision le prophète Mahomet et ne s’est pas interdit de l’insulter, ajoutant que l’Arabie saoudite avait alors qualifié d’hérétique.

Cinq ans après sa chute, comment vit Ben Ali en exil en Arabie saoudite

Cinq ans après avoir été chassé du pouvoir le 14 de Janvier 2011, le président déchu Zine El Abidine Ben Ali vit en exil en toute discrétion, à Jeddah, en Arabie Saoudite loin des projecteurs, après avoir gouverné le pays d’une main de fer pendant 23 ans.

Le 14 janvier 2011, après un mois de manifestations violemment réprimées, le dictateur embarque à destination de Jeddah, sur les rives de la mer Rouge. Il est accompagné de son épouse Leila Trabelsi – l’une des personnalités la plus abominée des Tunisiens, leur fille Halima et leur fils Mohamed Zine el-Abidine.

Quant à leur fille Nasrine, l’épouse de l’homme d’affaires Sakhr Materi, part avec son mari au Qatar avant d’aller s’installer en exil aux Seychelles depuis décembre de 2012.

Depuis son installation en Arabie saoudite, Zine El Abidine Ben Ali ne fournit aucun détail sur sa vie à Jeddah, sur ce qu’il fait de ses journées, sur ses ressources de subsistance, sur ses projets… Toutefois, il continue de réagir régulièrement à des informations de presse le concernant par le biais de communiqués de son avocat libanais.

D’ailleurs, son avocat Akram Azoury, l’a bien déclaré à l’AFP : « le président Ben Ali ne veut pas donner de détails sur sa vie à Djeddah. »

 Les invités de l’émission « Le 8ème jours », diffusée jeudi 14 janvier 2016 à El Hiwar Ettounsi, l’avocat Imed Ben Halima et le journaliste Jamel Arfaoui ont rapporté que le 14 janvier 2011, l’ex-président avait été victime d’un stratagème mis au point par le responsable de sa sécurité, le général Ali Seriati.

Celui-ci, évoquant la menace d’un assassinat, l’aurait poussé à aller mettre sa famille à l’abri, selon cette version, puis aurait empêché son retour en Tunisie. Zine El Abidine Ben Ali soutenait aussi n’avoir jamais donné « l’ordre de tirer à balles réelles sur les manifestants ». Selon un bilan officiel, 338 personnes ont été tuées dans la répression du soulèvement.

Depuis cette époque, très peu de photos de Ben Ali ont été publiées par ses enfants sur Instagram. En août 2013 apparaît une photo de lui en pyjama rayé sur un compte depuis supprimé. Un an plus tôt, Leila Trabelsi avait publié un livre, Ma vérité, dans lequel elle rejetait les accusations de corruption et de dérive dictatoriale du régime déchu.

Une photo de lui, les cheveux toujours teints d’un noir, souriant à côté de sa femme portant le voile, était alors apparue, démentant les rumeurs de divorce. Dans une interview à un quotidien français via Skype, Leila Trabelsi avait aussi nié que son mari soit atteint d’une maladie grave et dans le coma.

Le chef du clan Belhassen Trabelsi, frère de Leila, qui a bâti un puissant empire économique grâce à son influence, encourt l’expulsion du Canada, où sa demande d’asile a été refusée l’an dernier. Quant à Imed Trabelsi, un neveu de l’épouse de Ben Ali, croupit toujours dans les prisons tunisiennes.

L’empire économique, qui s’étendait de la grande distribution à l’immobilier en passant par la téléphonie, les médias ou l’automobile, a été démantelé. Une partie a été privatisée, mais des pans entiers restent sous contrôle d’administrateurs judiciaires nommés par l’État. Aucun programme d’ampleur pour ces actifs n’a été décidé.

L’ancien couple présidentiel a fait l’objet de plusieurs condamnations à la perpétuité par contumace et à des peines de prison pour des malversations et condamné dans plusieurs autres affaires liées à la corruption. Ben Ali a écopé à deux reprises d’une peine de prison à vie pour la répression des manifestations.

samedi 1 décembre 2012

Le Tartour a parlé à la télé pour se moquer de lui même


Pour la quatrième journée consécutive, la ville de Siliana  réclame toujours le départ du gouverneur incompétent de la région ,un proche du chef du gouvernement provisoire Hamadi Jbèli . Des affrontements entre forces de l’ordre et manifestants ont encore éclaté malgré les menaces de Jbèli . Selon un bilan publié par le ministère de la santé, 252 personnes ont été blessées depuis mardi.Dans la matinée du vendredi,quatrième jour de protestations ,la contestation a été marqué par une marche pacifique. Plusieurs milliers de personnes ont défilé dans le calme. » birrouh, biddam ,nifdiik ya Siliana » , »dégage ,dégage », echaâb fad fad mit’trabelsia ejdid« ont-ils scandé. Les milliers de manifestants ont quitté le centre ville pour se diriger vers la route qui mène à la capitale Tunis en signe symbolique : » nous partons ,le gouverneur soutenu par Jbèli reste seul »
En fin de journée, l’armée tunisienne a été déployée dans la ville. Une arrivée saluée par la foule. «Un accord est intervenu entre les syndicalistes de l’UGTT et des responsables de l’armée pour le retrait de la police et la prise en charge (de la sécurité) par les militaires», a affirmé Néjib Sebti, secrétaire général régional du bureau régional de la centrale syndicale .
Pour tenter de calmer le jeu et continuer son jeu débile, le président provisoire ,le tartour Moncef Marzougui ,sans pouvoir ni prérogatives ,a appelé dans la soirée à la formation d’un gouvernement restreint pour répondre aux attentes des Tunisiens. « Nous n’avons pas une seule Siliana » a-t-il déclaré dans son allocution télévisée annoncée à grande pompe en début de journée . »J’ai peur que cela se reproduise dans plusieurs régions et que cela menace l’avenir » a-il ajouté.
Marzougui ,en véritable Tartour ,oublie peut-être ,ou fait semblant d’oublier ,que la décision de réduire le gouvernement n’est pas dans ses prérogatives ,et que seul l’islamiste Hamadi Jbèli dont il est l’otage , qui peut le décider . Donc pourquoi ce cinéma ? de qui se moque-t-il ? des tunisiens ou de lui-même ?
Une chose est sûre maintenant en Tunisie ,Marzougui et ses alliés de la troïka ( Ettakattol et les nahdhaouis ) ont perdu leur légitimité électorale tellement exploitée à tord ,et c’est avec la force des cartouches de chevrotine « rach » ,du gaz lacrimogène et des matraques de la police qu’ils continuent illégitimement à essayer d’imposer, aux tunisiens ,leur échec à tous les niveaux : Constitution inachevée ,instance électorale non opérationnelle ,réforme de la justice et des médias et la liste est longue…
Les heurts se sont poursuivis jusqu’en fin de journée
En fin de journée, l’armée tunisienne a été déployée dans la ville. Une arrivée saluée par la foule. «Un accord est intervenu entre les syndicats et des responsables de l’armée pour le retrait de la police et la prise en charge (de la sécurité) par les militaires», a affirmé Néjib Sebti, secrétaire général régional de l’UGTT, le principal syndicat tunisien.
Une centaine de manifestants ont ensuite attaqué un important poste de police avec des jets de pierres et des cocktails Molotov. Des barricades ont été dressées dans la rue menant à ce commissariat. Les forces de l’ordre ont réagi en lançant des gaz lacrymogènes et par des tirs de sommation. «Si on nous y autorise, je n’hésiterai pas à tirer avec des balles réelles», a prévenu un policier.
Les représentants de la principale centrale syndicale du pays, l’UGTT, ont appelé sans succès les manifestants à se disperser. «Rentrez chez vous, c’est dangereux. Ils vont tirer à balles réelles», a lancé Abdesattar Manaï, un responsable régional du syndicat.
La France déplore «le nombre élevé de blessés»
Des blindés de la garde nationale  ont été sortis. «Il faut que le ministre de l’Intérieur retire ses policiers, c’est le seul moyen pour que cette ville retrouve son calme», a affirmé un habitant d’une cinquantaine d’années.
A l’étranger, ces affrontements ont suscité des réactions inquiètes. «C’est un motif de préoccupation pour nous. On peut déplorer le nombre élevé de blessés», a concédé le ministère français des affaires étrangères. Bertrand Delanöe ,maire de Paris ,s’est montré inquiet lui aussi de l’usage disproportionné de la violence .Le Haut commissariat de l’ONU pour les droits de l’Homme a condamné «le recours excessif et disproportionné à la force» par les autorités.